SIGNES DE RECONNAISSANCE : Base de toute relation professionnelle

A la base de toute relation sociale, affective ou professionnelle


Je suis personnellement très attachée à ce concept.

Bien gérés, les Signes de Reconnaissance consolident la relation, la cohésion d'une équipe et la motivation.

Une réponse à des besoins vitaux


Définition : Le Signe de Reconnaissance est une monnaie d’échange que nous utilisons dans les transactions pour être reconnus de notre entourage. Il peut être physique, verbal ou non verbal. Il est positif ou négatif. Conditionnel il va être lié à un acte, Inconditionnel il va être lié à la personne.


Ce concept, a valu à Claude STEINER le prix Eric BERNE en 1980 sur le thème de “L’économie des Caresses” (1). Dans cet article, il dit : “… les caresses sont aussi nécessaires à la vie humaine que les autres besoins biologiques primaires : nourriture, boisson, abri ; la non-satisfaction de ces besoins entraîne la mort ”.


Eric BERNE, dés le début de son livre “ Des Jeux et des Hommes ”, fait référence aux travaux de René SPITZ sur « l’hospitalisme », sur lesquels il se base pour élaborer et développer ce concept. Il dit en substance : “ Les caresses sont importantes pour répondre aux soifs de Structure, Stimulation, Reconnaissance ”.


Les Collaborateurs que je rencontre expriment ainsi leurs besoins :

  • “ Il passe à côté de moi sans me dire bonjour ”
  • “ Quand elle vient me dire bonjour, ça veut dire qu’elle a quelque chose à me demander ”
  • “ J’ai vraiment l’impression d’être transparent ”
  • “ J’ai décidé maintenant, de faire comme lui. Je ne lui dis plus bonjour et on verra bien ce qui va se passer ”.

Toute personne a besoin de signes qui le renseigne


Claude STEINER ajoute “ comme je n’en reçois pas, eh bien, je n’en donne pas à mon tour ”.Le modèle est donc bien reproduit.

Tout Collaborateur a besoin de recevoir, en retour, de sa hiérarchie, des signes qui le renseigne sur la qualité du travail qu’il effectue, sur le rôle qu’il rempli. 


Et ce pour deux raisons majeures :

  • L’expression et la communication sont de bons stimulateurs de Signes de Reconnaissance, donc un bon tremplin pour aider les personnes à mieux travailler ensemble. 

J'aime beaucoup la façon dont Claude STEINER le raconte dans “ Le conte chaud et doux des chaudoudoux ”.

  • L’absence de Signes de Reconnaissance pousse l’individu à les extorquer. D’ailleurs, Richard ERSKINE dit à ce sujet (2) : “ Extorquer ” une caresse est une manière d'obtenir de l’attention d’une autre personne, que celle-ci le veuille ou non. Les adeptes de ce comportement sont fréquemment rejetés par les autres ”.

Gestion des Signes de Reconnaissance

Voici quelques commentaires recueillis au cours d’échanges avec des clients d’entreprises :


Conditionnel positif : Un Chef de service commercial :

Vous avez réalisé et même dépassé les objectifs fixés, bravo !


Inconditionnel positif : Un responsable d’équipe :

Travailler avec vous tous, quel plaisir !


Inconditionnel négatif : Un ouvrier vis-à-vis de son supérieur hiérarchique :

Il passe devant moi et m'ignore 


Conditionnel négatif : Une Assistante vis à vis de son Manager :

La semaine passée, il m'a dit que je n'aurais pas d'augmentation de salaire


Une motivation freinée par la privation de stimulations

Les personnes confrontées à ces types de réaction, de la part de leurs supérieurs hiérarchiques ou de leurs collègues, ne vont pas travailler avec suffisamment de motivation parce qu’il y a privation de stimulations. Elles risquent donc "de passer beaucoup de temps" à se plaindre de petits conflits dont elles se diraient les victimes et à jouer des Jeux de premier degré, voire de second. 


“ Une personne qui vit dans une telle privation de nourriture et de caresses fait des expériences tout à fait différentes de celles d’une personne convenablement nourrie... C’est de là que provient la soif de structurer le temps ou le besoin de s’arranger pour obtenir un maximum de caresses dans des situations sociales ”. (1)


Claude STEINER suggère donc que, enfants, nous sommes conditionnés par nos parents qui nous imposent cinq règles concernant l’Economie des caresses :

  • Ne donne pas de caresses
  • Ne demande pas de caresses
  • N’accepte pas de caresses
  • Ne refuse pas de caresses
  • Ne te donne pas de caresses à toi-même 


Il précise que de cet apprentissage, “ la plupart des hommes vivent en état de manque de caresses ”.


Cela me renvoie à ce que dit Solon D. SAMUELS (2) : 

“ ... nous avons tendance à donner aux autres ce que nous aimerions recevoir... ”


Je vais chercher à comprendre le système dans lequel s’installe le collaborateur et qu’il reproduit, pour l’aider à opérer le changement nécessaire.


Un exemple significatif

Un collaborateur qui reste systématiquement tard le soir à son bureau pour "aider son manager" alors qu'il pourrait le faire le lendemain.


Hypothèse

  • Pour «obtenir» de son Manager un Signe de Reconnaissance parce qu’il « ne demande pas » ;
  • Pour «donner» un Signe de Reconnaissance indirect à son Manager, parce qu’il ne sait pas en donner en direct.

J'ai pu observer, que les personnes qui, dans leur équipe, ne sont pas dans une bonne gestion de leur Economie de Signes de Reconnaissance, se retrouvent face à des difficultés relationnelles à un moment ou à un autre. “II se pourrait que cette économie soit le facteur déterminant pour la réussite ou l’échec de l’équipe ”.


Ce mécanisme peut être lié au fait que les membres de l’équipe et/ou le ne font pas le lien entre leurs manières de “ se stimuler ” et les conséquences engendrées dans les interactions de l’équipe.


Récemment, une collaboratrice qui venait de découvrir ce concept lors d’un stage dit : "En fait, ce n’est pas parce que je n’en reçois pas de mon chef que je ne suis pas en mesure d'en donner ou que je ne dois pas en donner !”


Avec cette analyse, elle venait du même coup de :

  • Prendre conscience de sa propre valeur, lui permettant d’accéder à une autre Position de Vie,
  • Intégrer une meilleure gestion de l’Economie des Caresses,
  • Lever une Méconnaissance. 

Ce à quoi je réponds : “ C’est chouette de voir la vitesse à laquelle vous vous appropriez la théorie et comment vous faites le lien avec votre propre situation. Bravo ! ”